Il y a un nouveau shérif en ville !

Toute personne ayant essayé de se garer dans le centre de Pontoise s’est retrouvée confrontée à un vaste problème. De sa longue histoire, la ville a hérité d’un réseau de rue qui n’était pas pensé pour les (trop) nombreux véhicules motorisés qui y circulent aujourd’hui et qui s’y arrêtent. 

En cette période de crise climatique sans précédent, le bon sens voudrait que nous cherchions tous ensemble à limiter notre usage de véhicules individuels au profit de solutions moins destructrices pour l’environnement. Ce n’est cependant pas ainsi que réfléchit la droite pontoisienne, aussi bien du temps de M. Houillon qu’aujourd’hui. La voiture, c’est la liberté ! Tel est leur mantra. Pas assez de places ? Construisons plus de parkings ! Nous avons déjà à de nombreuses reprises alerté sur les problèmes du parking souterrain qui voit actuellement le jour sous les jardins de la ville. 

Toutefois, il n’y a pas que la « liberté » qui anime tant la droite. Il y a aussi l’« ordre », dans le sens de force répressive, et cette voie sera désormais employée à Pontoise pour régler les problèmes de stationnement. Ou pour citer les mots mêmes de Mme Von Euw, pour « rendre la ville plus attractive »*. Après tout, il est bien connu que toute ville qui se respecte se doit de s’offrir les services d’une entreprise lâchant dans les rues des hordes de scancars, chargées de faire veiller l’ordre dans les rues de la ville tels des shérifs.

Ce shérif n’aura pas les atouts du noble défenseur de la justice sur un beau cheval blanc, mais il revêtira plutôt les atours d’un Nottingham traquant la moindre excuse pour soutirer l’argent de la population.

Ne nous y trompons pas, ce n’est pas par bonté de cœur que la société privée** choisie par l’équipe municipale pour l’aider à faire respecter le bon paiement des droits de parking a accepté sa mission de délégataire de service public, mais bien dans une logique capitaliste cupide : faire de l’argent. La moindre incartade sera sanctionnée d’une amende sans autre forme de procès, l’entreprise lui assurant ainsi de vastes rentrées d’argent sur le dos de la ville*** et des contribuables**** sans chercher à comprendre les réalités du terrain.

Il est temps que l’équipe municipale et sa non-opposition se décident à ouvrir les yeux sur les dérives que leur mode de pensée entraîne. Ce n’est pas du bâton dont ont besoin les Pontoisiens, mais d’une main tendue pour les aider et écouter les réalités de leurs problèmes : des réseaux de transport en commun pas toujours adaptés, la difficulté de se déplacer en vélo, ou même à pied, sans mettre sa vie en péril, des rues inaccessibles aux personnes à mobilité réduite…

Si les problèmes sont nombreux et que des solutions concrètes existent, certains aux manettes ont fait le choix de les ignorer, au grand dam de nous tous.

* propos relayé par la Gazette du Val d’Oise dans un article publié le 1er juillet dernier : https://actu.fr/ile-de-france/pontoise_95500/val-d-oise-stationnement-gestion-parkings-public-privatisee_43110044.html

** la société INDIGO INFRA, dont le chiffre d’affaire en 2019 s’élevait à plus de 63 millions d’euros :https://www.societe.com/societe/indigo-infra-642020887.html

*** Comme l’avoue implicitement Mme le maire lors de la séance du Conseil Municipal du 8 juillet, en précisant que cette DSP doit permettre de confier cette mission à un prestataire « sans que la ville ne perde trop d’argent » … : https://youtu.be/WRsGM0wobWE?t=6377

**** voir en ce sens cet article sur le coût exorbitant des délégations de service public (DSP) : https://www.politis.fr/articles/2021/04/un-quart-du-budget-de-letat-sevapore-en-sous-traitance-43126/

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