Confinement : le journal de bord de PAGV

Dans cette période trouble et anxiogène, les membres de l’association PAGV, les candidats de la liste aux élections municipales, nos soutiens et sympathisants on décidé de tenter d’écrire une sorte de journal de bord collectif du confinement.
Nous publions ici les productions de ceux qui ont souhaité s’exprimer en produisant ou partageant un texte, un dessin, une photo, etc. quel que soit le support ou la forme, en rapport avec ce confinement, inspiré par le quotidien que nous vivons, ou au contraire pour tenter de nous en extraire.

Bonne lecture, visionnage, écoute, évasion…

Et surtout : prenez soin de vous !


L’équipe PAGV

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Reprise de tête

J’ai tapé ces trois mots pour renseigner la case “objet” du mail que j’ai fait parvenir, hier matin, à mes collègues enseignants d’une école élémentaire de Cergy.
Le jeu de mots est, sans nul doute, facile et un peu simplet mais un peu de simplicité ne fait pas de mal par ces temps complexes chargés d’anxiété.
Je prenais contact avec mon équipe pour témoigner de ma vive inquiétude concernant la reprise des cours prévue le 12 mai. Alors que de nombreuses écoles, de nombreux élus ont déjà fait part de leurs craintes ou de leur opposition, je déplore le silence d’une partie de mes collègues.
Lors des rares échanges ayant eu lieu la semaine dernière, on me faisait remarquer , avec sans doute un peu d’ironie, que nous étions fonctionnaires et non des employés de Coca Cola et que nous devions, comme les soignants, aller au charbon. On a cru bon également de “m’informer” sur les situations désastreuses vécues par certains élèves en confinement.
Piqué au vif par ces précisions, je pense aux précisions que je vais apporter pour alimenter notre réunion en visio cet après-midi.
Je rappellerai que la quasi-totalité des enseignants a pleinement conscience des difficultés que le confinement impose à certaines familles. (Il est bien temps de s’en préoccuper).
A la formule trop souvent entendue : « Je suis un fonctionnaire, je fonctionne ! », je vais répondre qu’il n’y a rien de plus dangereux qu’un agent qui exécute les ordres sans chercher à évaluer leurs conséquences. J’ajouterai que la formule est bien commode pour se déresponsabiliser en prétendant avoir été un simple maillon de la chaîne. Enfin, je rappellerai que les grandes avancées sociales ont toujours pris leur source dans la désobéissance.
Sauf coup de théâtre, la reprise aura lieu. Que faire ? Participer à la préparation en faisant tout pour n’accueillir que les élèves en situation grave ? (Que fait-on des souffrances silencieuses ?) Tenter d’exercer son droit de retrait après avoir listé les dysfonctionnements ? Exercer son droit de grève si le premier droit nous est contesté ?
Aujourd’hui, je ne sais pas répondre. Notre situation est des plus inconfortables
Je suis plein de questions, d’inquiétudes, de colère. J’ai heureusement un capital bonne humeur assez costaud.

Cédric, le 6/05/2020

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Mon jardin était magnifique, explosif tant le rhododendron rouge, les deux gros parterres de pivoines rouges, le camélia rouge et les roses rouges étaient quasi luminescents sous le soleil. C’était comme autant de chiffons rouges tachés du sang des Communards.
Mais là, la pluie et le vent ont rabattu les pivoines, cinglé le rhodo, fait chuter les fleurs du camélia et les roses ont du mal à s’épanouir. Encore un sale coup du capitalisme qui ne supporte pas que les petites gens aient un peu de bonheur !
L’année prochaine en mai on commémorera les 150 ans de la Commune. J’espère qu’on pensera tous à eux et à en parler sur le blog. Parce que Thiers et les Versaillais (épaulés par les Prussiens) çà été leur Covid-71 ! La famine de l’hiver 70-71, les combats contre les Prussiens puis les Versaillais, la répression, la Semaine sanglante, les condamnations, les déportations ont fait des morts par dizaines de milliers. Souvenons-nous !

Lucky, le 3/05/2020

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“Permission de sortir – 02”

Stéphane, le 3/05/2020

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ODE AU PREMIER MAI

Pour les services publics
unissons-nous
l’argent pour le bien public
il est à nous.

Malgré la situation dramatique
réagissons, révoltons-nous
certains ont trop de fric
et d’autres n’ont pas le sous.

L’école c’est stratégique
pour la survie des enfants
et la révolution écologique
à défaut d’un logement décent.

Mais les grands patrons
veulent pas lacher leur fric
ils veulent qu’on produise à fond
la misère s’en foutent ces cyniques !

Les milliards dans les paradis fiscaux
remettons-les dans la Barrique
et reconstruisons les besoins vitaux
pour une société juste et écologique.

Pour les services publics
unissons-nous
protégeons les droits démocratiques
engageons-nous !

Lucky, le 1/05/2020

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En milieu de semaine, désireux d’offrir à mes élèves confinés une lecture enregistrée par mes soins, je baladais mes doigts et mes yeux sur les quelques étages de ma petite bibliothèque. Après avoir effleuré des noms d’auteurs-trices qui s’accordent avec notre boulimie de voyages ( Adiga, Coe, Kadaré, Izzo, Ammaniti, Padura, Mouawad, Mahfouz, Pamuk, Vasquez…) et pensé un peu honteusement à notre emprunte carbone, je m’arrêtais sur une série de cinq ou six ouvrages de Luis Sepulveda. Je les avais lus il y a quelques années dans l’objectif d’un séjour au Chili.
J’ai sorti du lot «Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler » pensant que le récit pourrait convenir à mes élèves. La nuit suivante à la faveur d’une petite insomnie je me replongeais dans les aventures de la mouette et retrouvais le sommeil en songeant que le texte pourrait bien faire l’objet de la fameuse lecture.
Trois jours se sont écoulés et me voici ce matin devant mon plan de travail.
J’aiguise mes couteaux et prépare mes épices pour réaliser à douze mains une recette indienne en visio-conférence sous le bienveillant commandement de ma belle-mère. La radio est réglée sur 87.6 (France Inter). Entre deux conseils en matière de cuisine de placard j’entends que Luis Sepulveda est mort ce jeudi, en Espagne, après avoir mené son dernier combat contre le Covid-19.
Les beignets d’agneau à la mode tamoule étaient délicieux mais j’ai gardé dans un coin de ma tête l’idée de cet auteur chilien qui m’a accompagné durant de belles heures de lecture.
Maintenant, j’explore les sites internet pour en connaître davantage sur sa vie, ses combats et ses engagements. Demain je commencerai l’enregistrement de l’Histoire de la mouette et ce soir je relirai « Le neveu d’Amérique ».

Cédric, le 19/04/2020

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“Permission de sortir – 01”

Stéphane, le 19/04/2020

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Au tout début du confinement, allez savoir pourquoi, j’ai pensé à Christophe. Le lendemain nous apprenions qu’il était en réanimation. C’était il y a 3 semaines environ, peut-être plus, aux débuts du confinement.
Peu inspirée sur ce que pourrait être mon journal du confinement, je laissais cette réflexion mûrir tranquillement. Christophe ne s’est pas réveillé. Une de ses chansons, voilà ce qui s’est alors imposé à moi.
Je l’ai dit à Lionel… il venait d’écrire un texte sur lui. Pas étonnant c’est lui qui m’a fait decouvrir Chritophe, qui n’était pour moi que l’auteur de jolies chansons et surtout celui qui avait aidé ma mère à accepter son prénom.
Cette contribution est donc partagée.

Delphine, le 18/04/2020

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Tout le monde aujourd’hui semble pleurer la mort de Christophe. Pourtant, il aura fallu attendre le 21ème siècle pour que l’auteur d’Aline et des Marionnettes, devienne autre chose qu’un chanteur un peu ringard pour mamies nostalgiques de leurs années yéyé. Car même Les Paradis perdus et Les Mots bleus n’ont pas connu un succès énorme à leur sortie. Entre 1980 et 2001, Christophe ne sortira d’ailleurs que deux albums, c’est dire l’oubli dans lequel il se trouvait.
Il fallait un peu de culot à la fin des années 70 pour dire qu’on aimait le Velvet, Joy Division, les Clash et… Christophe.
Les derniers albums, Comme si la terre penchait (2001), Aimer ce que nous sommes (2008) et Les Vestiges du Chaos (2016) ont été immédiatement reconnus pour ce qu’ils sont, mais il faut découvrir ou réécouter la modernité de La Dolce Vita (1977), Le Beau Bizarre (1978), son chef d’œuvre, ou encore Pas vu, pas pris (1980).
Christophe était un funambule, modeste et génial comme dirait l’autre, qui, pendant plus de 50 ans, est resté en équilibre sur le fil entre rock et variété sans jamais tomber du mauvais côté. Jusqu’au 17 avril 2020.

Lionel, le 18/04/2020

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« Ma petite entreprise connaît… »
Justement la crise du covid 19
Pour apporter notre modeste contribution
Avec tissu, restes de peintures, vieux pinceaux…
Quelques mots inspirés par « Merci à toi ô soignant »
Inspirés par les Bérurier Noir
Pour redire…
Clamer déjà ces mois passés : un soutien sans faille à l’hôpital et aux services publics ainsi qu’à tous ceux qui travaillent pour tous !
Ces mots accrochés à notre fenêtre par cette belle journée
Pour décider
#PlusJamaisCa, #PourLeJourDapres
Portez-vous bien ! »

Merci à toi ô soignant

Marie-Odile, le 12/04/2020

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Après avoir tenu le bureau de vote le 15 mars, et surtout aussi du fait que l’on s’est retrouvé à environ 150 personnes au Dôme pour attendre les résultats, je me suis dit que c’était « folie et que peut-être j’allais faire partie des contaminés ». J’ai pris ma température chaque jour et jusqu’au samedi suivant… rien. Mais le dimanche j’ai commencé à ressentir une énorme fatigue, envie de ne rien faire surtout parce que j’avais une grosse douleur dans le thorax et une petite toux sèche par moment. C’était pénible mais comme je ne panique pas facilement, je me suis dit « attendons de voir comment cela va évoluer ». Mardi, mercredi et jeudi, température à 38° au lieu de 36°5. Bon, alors rien d’autre à faire que continuer le repos et bien manger parce que je ne perds pratiquement jamais l’appétit. Le jeudi, je me suis levée, fraîche comme un gardon (je n’en ai jamais vu). Plus de douleurs thoraciques, plus de fatigue, rien… Quand j’ai dit cela à ma fille après coup, elle m’a dit que j’avais eu les symptômes du Covid, ceux qu’elle avait eus, mais en plus légers qu’elle qui a été littéralement terrassée pendant 5 jours pendant lesquels mari et enfants ont eu très peur.
Ce n’est pas le cas en ce moment où j’écris parce que je suis oppressée sans savoir pourquoi (en fait je sais). Mais ça va passer comme le reste. La seule chose qui ne passe jamais chez moi, ce sont les douleurs lombaires, pénibles, épuisantes et parfois atroces. Mais c’est ainsi depuis 30 ans et je fais avec.
Voilà mes nouvelles du front. Je vais imprimer l’info du syndicat des postiers et je vais aller l’afficher sur les portes de la poste à Pontoise et à Osny (Leclerc). Reste plus qu’à améliorer le monde pour le rendre plus juste et moins brutal. Il suffirait peut-être d’anesthésier la testostérone chez la plupart des hommes et distiller un peu plus d’assurance et d’amour de soi chez les femmes. Ca rééquilibrerait !
Je vous embrasse.

Lucky, le 8/04/2020

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Confinement-9

Jeanne, le 7/04/2020

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Je redécouvre….Bach

Ces temps-ci je redécouvre des pièces de Bach jouées il y a longtemps et un peu délaissées, et qui correspondent bien à mon état d’esprit actuel : mélange de mélancolie, de vide, mais aussi d’apaisement par moments… Bref la musique de Bach me parle, principalement ce prélude du clavier bien tempéré , qui est très jouissif à jouer. (ici une version de Richter)

Un autre pianiste et compositeur de jazz que j’aime beaucoup, et en particulier cette chanson (song- song), qui quand je l’écoute me procure un peu le même état que celui généré par Bach.

dernier compositeur qui me correspond bien en ces temps de confinement : Beethoven, toujours en colère, mais parfois apaisé également, très jouissif à jouer également
ici le 3ème mouvement de la sonate pathétique (Anne Fischer)

Voilà, j’espère que certains d’entre vous apprécieront comme moi, en attendant portez vous bien.

Marie-Aude, le 6/04/2020

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Vu hier dans Pontoise :

Solveig, le 5/04/2020

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Confinement-3

Jeanne, le 5/04/2020

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Chers amis, aujourd’hui je vais mieux ! J’ai arrosé mon jardin ! Encore essoufflée.. mais je tiens le bon bout. Cette nuit, je n’ai pas eu d’insomnie. Je me suis réveillée 3 fois pour me changer … mon corps doit éliminer les toxines par cette transpiration glaciale nocturne. Le traitement pour la tension que mon médecin m’a prescrit me fait beaucoup de bien. Ce virus qui a pris possession de mon corps me donnait une tension très élevée ! J’ai découvert ça à l’hôpital, moi qui ai une tension correcte habituellement. J’avais des maux de tête épouvantables avec des saignements de nez. Tout ça a disparu. Estelle et Julien ont dû aller m’acheter à la pharmacie un tensiomètre, j’avais l’obligation de prendre ma tension régulièrement. Les portages de repas du service seniors de la ville fonctionneront jusqu’à mardi. J’ai donné cette date d’échéance. Après, je serai debout et je ferai la cuisine ! Évidemment ce n’est pas très bon. C’est exactement la même chose qu’à l’hôpital… des plats cuisinés improbables… mais c’est un service qui a le mérite d’exister ! Et qui me rend, à ce titre, des services… soulagée pour les repas, courses, vaisselle… je sens que la pneumonie est toujours là, mais je respire de mieux en mieux, je vais faire désormais des petites choses et un peu plus tous les jours. La mauvaise nouvelle du jour c’est que mon médecin est malade, le docteur Guibé, lui qui m’appelle tous les jours et qui a su me diriger vers l’hôpital quand ma respiration était tendue… mon médecin de famille, amateur d’art, mon ami… je ne l’ai vu à aucun moment physiquement mais cela prouve que la 2ème vague arrive à PONTOISE. Portez des masques, restez chez vous le plus possible… cette saloperie rentre dans votre corps et déséquilibre votre organisme par palier, et de manière aberrante sans logique et… sans traitement pour l’évacuer de votre organisme. Merci pour vos messages relayés par mes filles merveilleuses. Aujourd’hui j’ai arrosé le jardin, je sortirai un peu sur la terrasse cet aprem. J’ai de la chance d’être alitée dans ma maison avec jardin. Demain je prévois de « faire ma couleur » car je ne ressemble plus à rien… bénéfice secondaire j’ai perdu entre 4 et 5 kgs. J’ai retrouvé le goût mais toujours pas d’odorat… tous les matins je renifle mon café : rien. Mais tout ça, très bientôt, sera fini et derrière moi ! Et je ferai don de mon sang pour soigner avec mon immunité les malades actuels. ? Je m’apprête désormais à envoyer un message de soutien à Pierre Guibé, les rôles sont hélas renversés et ça ne me plaît pas du tout de le savoir malade… je vous embrasse amitiés.

Anne-Marie, le 5/04/2020

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Hier soir, vendredi 3/04, on regardait le premier épisode de la saison 3 de Baron Noir, excellente série qui se déroule à l’intérieur du Parti Socialiste. C’est de la fiction, mais écrite par des auteurs qui ont fort bien connu ce parti de l’intérieur.
À un moment le héros, incarné par Kad Merad, lui-même membre du PS, dit : « Les socialistes, ça trouve toujours tout un peu trop radical. C’est même à ça qu’on les reconnaît. »
Sur le coup, j’ai bien aimé cette réplique, mais je ne pensais pas lui trouver une illustration aussi rapidement. Et pourtant, le lendemain, j’écoutais sur Mediapart l’émission intitulée À l’air libre (en clair pour ceux qui ne seraient pas abonnés). Boris Vallaud, député PS des Landes, répondait à des questions à partir de l’article de Mediapart que je vous avais envoyé le 2/04. La dernière question du journaliste était la suivante :
« L’Espagne, dirigée par un premier ministre socialiste, a tout simplement décidé d’interdire les licenciements pendant cette période. Est-ce que ce n’est pas ce que vous seriez prêts à défendre aujourd’hui ? »
Réponse de Boris Vallaud :
« Sur les licenciements, je pense qu’il faut aller plus loin que ce qu’a fait le gouvernement … le dispositif d’emploi partiel est généreux même si j’aurais aimé un taux de remplacement à 100 % qui, précisément, répondrait à la question du licenciement puisqu’il n’y aurait pas d’objet économique à ce licenciement. »
Autrement dit, ce défenseur des travailleurs trouve inutile d’embêter ces pauvres patrons avec de telles mesures, c’est l’Etat et lui seul, c’est-à-dire les impôts des citoyens, qui doit prendre en charge la solidarité.
Il avait raison Kad Merad. « Les socialistes, ça trouve toujours tout un peu trop radical. C’est même à ça qu’on les reconnaît. »
On a bien vu ça avec Pontoise Ecologique et Solidaire :
Il ne faut pas supprimer la vidéosurveillance, il suffit de l’optimiser. Il ne faut pas un Centre Municipal de Santé, un Centre de Santé est suffisant. On peut accepter un parking de centre-ville, il suffira d’apaiser la circulation.

Lionel, le 4/04/2020

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