Existe-t-il une opposition au sein du conseil municipal de Pontoise ?

Deux groupes sont censés représenter une opposition. Voyons de près ce qu’il en est après avoir écouté les derniers conseils.

Le groupe Vivre à Pontoise, dirigé par Gérard Seimbille

La question de savoir si Gérard Seimbille et ses amis font toujours partie de l’opposition ne se pose plus depuis qu’il a déclaré dans la Gazette du 28/10/2020 :

« En effet, après m’être battu durant 38 années en faveur de Pontoise, d’abord comme militant associatif puis comme Premier adjoint au maire, je n’ai ni envie de m’inscrire dans l’opposition ni l’intention d’entrer dans une guerre de troisième mi-temps »

Il faut dire que la maire lui avait proposé quelques jours avant de rejoindre avec son groupe la majorité municipale. Ces deux élus de droite pourront ainsi préparer plus sereinement les prochaines élections, régionales pour l’une, départementales pour l’autre.

Cette évolution sera confirmée dans la tribune de Vivre à Pontoise, publiée dans le Pontoise Mag de décembre 2020 :

« Comme nous l’avons déjà exprimé, notre groupe ne siège pas au sein du conseil municipal dans l’opposition (…) Dernièrement, la presse locale s’est fait l’écho d’un rapprochement de notre groupe avec la majorité municipale. C’est bien dans cet approche que nous nous situons et que nous voulons agir en responsabilité. »

Il ne reste plus à Gérard Seimbille qu’à dissoudre son groupe dont l’intitulé – Vivre à Pontoise – demeure la seule trace de la féroce bataille qui a opposé les deux ténors de la droite pendant la campagne municipale. En effet le nom de la liste était loin d’être innocent puisqu’on sait que Gérard Seimbille reprochait à Stéphanie Von Euw de ne pas demeurer dans la ville qu’elle voulait diriger.

Peut-être pourrait-il même obtenir un poste d’adjoint au maire ? Pourquoi pas celui de Sébastien Blanchard pour jeter définitivement toute rancune à la rivière ?

Le groupe Pontoise Ecologique et Solidaire (PES), dirigé par Sandra N’Guyen Dérosier

Lors des premiers conseils, le groupe PES avait consacré toutes ses forces à obtenir pour ses membres le versement d’indemnités. Le fait que des élus d’opposition bénéficient d’indemnité pour leur participation au conseil peut se discuter. À PAGV, nous n’en avons jamais demandé pendant les deux mandats où nous avons eu des élues car nous considérons qu’une indemnité doit correspondre à une fonction, à une mission définie, ce qui revient à prendre place dans l’exécutif.

En tout cas, on attendait pour la suite une même combativité dans la défense des intérêts des Pontoisiens et, pour le moins, l’expression d’une politique de gauche puisque c’est de la gauche que se revendiquent les membres de ce groupe.

Le conseil municipal du 19/11/2020 nous décevra de ce point de vue.

Premier exemple. C’est à l’unanimité que sera votée l’autorisation faite à la Maire de signer des baux avec des professionnels de santé pour la maison médicale des Cordeliers. Ainsi, avec tous les élus de droite, PES soutient sans réserve un projet consistant purement et simplement à engager beaucoup d’argent public à perte pour créer un cabinet de médecine libérale. PES ne s’étonnera même pas de l’arrivée annoncée d’urgentistes de l’hôpital de Pontoise pour effectuer des permanences de 20h à minuit et le week-end dans ce que la maire appellera la maison médicale de garde. Il suffira d’un seul appel de PAGV aux urgences de Pontoise pour savoir qu’il s’agissait d’une erreur que corrigera Mme Von Euw lors de son rendez-vous avec PAGV. En effet, ce ne seraient pas des urgentistes, qui, comme chacun sait, ont la tête sous l’eau à l’hôpital, mais des médecins généralistes qui font des astreintes de régulation au SAMU. Gérard Bommenel se contentera de demander si les Pontoisiens pourront compter sur des tarifs de secteur 1 pour ensuite affirmer le total soutien de PES à ce projet qui, selon lui, ressemble beaucoup au centre de santé défendu par PES lors de sa campagne. On est très loin en tout cas du projet de Centre Municipal de Santé défendu par PAGV.

Second exemple. Trois élus de PES sur quatre (Mathieu Drevelle, n’osant quand même pas voter contre, s’abstiendra ) autorisent, avec tous les élus de droite, les commerces pontoisiens à déroger 12 fois dans l’année au repos dominical, alors qu’il faut savoir que ce sont surtout les concessions automobiles qui sont demandeuses. Chacun sait pourtant qu’il est très difficile, sinon impossible, à un employé de refuser de travailler le dimanche, mais PES s’en moque et choisit de défendre les intérêts des employeurs, revenant ainsi sur plus d’un siècle de lutte du mouvement ouvrier.

Le conseil municipal du 7/12/2020 confirmera cette tendance.

Faut-il y voir l’approche des fêtes de Noël ? En tout cas, les relations sont au beau fixe entre la majorité et les élus de PES et ce, même sur des sujets de fond censés opposer droite et gauche. C’est le cas de la vidéosurveillance, très bonne pour la justice, selon Sandra N’Guyen Dérosier ravie d’être invitée à participer au comité d’éthique vidéosurveillance, comme si les termes « éthique » et « vidéosurveillance » n’étaient pas antagoniques par définition. C’est le cas encore du dossier de Babilou, dont le rapport est voté à l’unanimité, malgré des réserves exprimées par un élu de PES sur la façon dont cette multinationale traite ses employés.

Rien ne peut mieux définir les rapports existant entre PES et la majorité que ce constat de Stéphanie Von Euw répondant à Sandra N’Guyen Dérosier :

« Nous sommes donc sur la même ligne. »

On se rappelle que Sandra N’Guyen Dérosier avait voulu s’allier avec Pascal Bourdou entre les deux tours des municipales. Mais celui-ci avait préféré rejoindre Gérard Seimbille, qui aujourd’hui reconnaît ne pas faire partie de l’opposition. La logique voudrait que la boucle soit bouclée et que les droites et cette prétendue gauche se rejoignent dans un groupe unique pour que les choses soient claires.

Que cette clarification nécessaire ait lieu ou non, la réponse à la question posée par le titre de l’article est :

Non, on ne trouve aucune trace d’opposition au sein du conseil municipal. L’opposition de gauche, pour ne pas dire l’opposition tout court, semble être organisée uniquement à l’extérieur du conseil municipal, au sein de PAGV.

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